Se Regrouper.

À l'ancienne. Travaillé selon la vieille technique du boudin enroulé en spirale, plus de 2800 ans d'histoire.
À l'ancienne. Travaillé selon la vieille technique du boudin enroulé en spirale, plus de 2800 ans d'histoire.

Se regrouper 


(Réponse à un lecteur).


Beaucoup d'entre nous sont des gens de coeur, ils se demandent comment partager, conjuguer, et regrouper leurs tribus.

J'ai reçu plusieurs courriers provenant de personnes trés ancrées dans la voie druidique. Tous se demandent comment créer une clairière dans la lumière de l'esprit n'ayant rien à voir avec un sectarisme profiteur. Devenir un centre de la spiritualité naturelle, un endroit physique et moral, n'est pas forcément facile. Nous sommes désormais des dizaines de milliers et plus, disséminés sur toute la planète.  Il est vrai que beaucoup des nôtres sont où paraissent isolés sur leurs territoires respectifs, ceci parce que tous simplement ils leurs manquent de lieux de regroupement. C'est une voie libre que la notre comme tous les chemins des arts de la pensée. Les nôtres ne désirent pas tous être obligés à une méthodes cultuelle ni à des rendez vous forcés. Logique et normal dans la voie des druides, ayant besoin d'une reconnaissance de leur pensée, les gens n'ont pas forcément besoin d'un moment commun chaque jour. Si ce n'est pour les cérémonies de reconnaissance sociétales comme les mariages où les introductions.


La meilleur manière de faire est encore celle qu'avait choisit nos ancêtres, placer l'Acaunon, la pierre angulaire.

Cette pierre c'est bien sur celle de la confluence des pensées et des chemins physiques. Au début c'était une pierre debout, plus tard ce fut une borne routière, puis plus proche  cela devint une pierre cultuelle placée aux croisement des chemins. Première solution au regroupement de pensée, de culte, de mentalité, tribale, cette pierre angulaire ancestrale servait de lieu de reconnaissance populaire. C'est dans l'endroit où on la posait que les gens se reconnaissaient. Sans se parler, des gens se reconnaissaient comme appartenant à la même spiritualité, librement. 


Aujourd'hui ces pierres ne sont plus aussi nombreuses qu'il y a 7000 ans, cependant les nôtres sont toujours aussi nombreux. 

La première méthodes de regroupement est simple, il faut remettre les pierres en place. Sans gêner les riverains évidemment. 

Admettons qu'il s'agisse d'une oeuvre d'art (ç'en est une), placer une pierre suffisamment grosse pour être visible dans un endroit où des promeneurs auront l'opportunité de s'arrêter et de penser. La lumière de l'endroit se doit d'être particulièrement inspirante, un rocher asseulé, d'une roche dure, se trouve être attirant pour le penseur, si l'endroit est en plus particulièrement agréable de par sa lumière. Les gens s'y arrêtent et communient naturellement.


Ces roches n'étaient pas forcément indiquées par des inscriptions à l'époque mais aujourd'hui ce serait particulièrement opportun, sans obligations.


Imaginez une roche laissée par quelqu'un dans un lieu de passage, cela se remarque. En plus de cela, si un panneau sommaire indique le lieu comme marqué par les druides, les gens s'en rappelleront. Cela devient un lieu sacré, accessible à tous. Ce genre d'événements marque les esprits, les gens du lieu s'en rappelle. 

Le choix du lieu reste un argument d'importance, il doit être habité par la lumière de l'esprit, diviniser la pierre.


Alors bien sûr, vous n'êtes pas obligés de trimballer un menhir dans le coffre de votre voiture, un gros rocher suffit, quelque chose qui doit partir en hauteur, vers le ciel.


Cela devient rapidement un événement de village, une chose plus importante qu'il n'y parait, la roche créant du lien dans cet endroit choisit. Il faut juste penser à y ménager un petit méplat à son sommet pour pouvoir y poser d'éventuelles offrandes.


Tout cela se doit de rester un plaisir.


Les personnes désirant fonder leur propre clairière vont faire face aux aléas de l'expérience, le hasard n'existe pas chez nous. Si vous vous y prenez bien, tout se passera très correctement. Gérer un groupe est un gros travail, cela prend du temps. Il faut connaître les gens, leurs besoins et inclinaisons naturelles. En plus du reste la question du financement se posera à un moment où un autre, hors la gratuité de base est importante, cela vous différencie clairement d'un mouvement sectaire.


Il y a la question des habitudes, établir un calendrier cultuel et culturel assez précis, autant que peut se faire, donnez des lieux et dates mensuels (minimum) de rendez vous pour ordonner un mouvement stable. La religion est une chose mais cela ne suffit pas pour attirer les gens, la culture, les arts, des repas, les groupes de discussions sont nécessaires en toute occasions pour construire un groupe sociétal d'échange, car il s'agit avant tout d'échanger pour une culture, dans un esprit commun. Le plaisir doit demeurer à chaque rendez-vous, et s'ils sont nombreux et diverses, le groupe s'étoffera d'autant. Il faut vraiment avoir un rapport humain d'ouverture pour créer son cercle.


Des jeux, un concours de satire druidique, une partie de pêche, la prière et les cérémonies de bases, des choses comme ça. L'initiation primaire pour les nouveaux venus, la demande à qui voudra participer à l'établissement des groupes de pensées. Le développement personnel est au centre du cercle comme au centre de chaque pensée,même individuelle. Les groupes de reconstitution historique sont des places de choix pour un druide, il en manque d'ailleurs.

Les animations se font quelquefois en fonction des âges.


Il s'agit bien de reconstruire une identité culturelle. Il faut avoir "la fibre" comme on dit dans le monde des arbres.


Il vient ensuite les publications, mode des plus importants dans l'établissement de relations sociales. Une simple petite annonce visible du plus de gens possible c'est comme un clin d'œil que l'on fait à tout le monde en même temps. Des voeux, le rappel de certains passages du culte annuel, les fêtes, tout cela crée du lien.

Des plaquettes explicatives, rapidement lues avec de beaux symboles de notre culture font à minima plaisir aux gens, passeront à l'étape supplémentaire qui voudra.


Quelques talents d'orateur ne seront que bienvenus.

Les druides se dédient tous à l'enseignement, hors il peut se former deux situations, soit le druidisme devient central dans ces cours, soit il devient présent mais secondaire, comme dans un cours de dessin par exemple. Surtout n'essayez pas d'embobiner les gens où ils finiront par vous fuir normalement.


Un peu de psychologie.


C'est ce qu'on appelle la psychologie des bons chefs, l'art d'entrainer sans obliger. Un groupe est un micro-monde, il existe forcément une place différente correspondante à chaque personne.

La continuité normal de nos usages et modes de pensées demandent un travail commun et personnel, les druides sont chargés de vous inculquer ces principes.


On vient dans un groupe pour créer quelque chose et dans le but avoué d'agrandir le partage, d'expansion spirituelle.

On ne peut pas apprendre aux gens à ne rien faire.


La participation a titre d'observateur pour ce qui est du culte est une chose utile, tout le monde n'a pas la science infuse et donc il faut des modèles qui, si parcellaires soit ils,  permettent de poser des bases solides, fondations d'un savoir faire complètement identitaire, culturel où cultuel.

Pour apprendre à faire du vélo il faut déjà un vélo mais en plus il faut quelqu'un qui vous encourage un peu à vous amuser, et vous parfaire. Pour la pratique druidique c'est pareil.


Lorsque les gens se réunissent il apparaît que chaque personne est différente, des caractères aussi nombreux que ceux de l'âme humaine sont une manne prolixe, et plus encore puisqu'ils se mèlent à travers leurs codes, une manne incalculable.

C'est comme un jeu de carte où chacun amène les siennes, exemple: celui qui amène les cartes d'état major, ceux qui viennent avec les cartes de voeux, d'anniversaire, postales, informatiques, bancaires, et même les cars Tajoué pour transporter tout le monde (tant qu'à faire).

Le travail du druide sera d'organiser les échanges selon les inclinaisons de chacun. Et normalement cela se fait très bien si vous imprimer une humeur entraînante. Tout se met alors en place très naturellement.

La musique de la lune sait faire germer des élans de groupe bien soudés dirais-je, pensant au caractère divin de la vie sous toutes ses formes.


À contrario, les cercles trop sérieux, voir austères, ne font pas vraiment l'unanimité. Il faut trouver l'équilibre sans se prendre vraiment au sérieux, spiritualité oblige.


Tous doivent trouver leur importance dans la machine sociétale, librement ils doivent se sentir concernés et se reconnaître indispensables, car ils le sont. À partir de là en vérité, la clairière se construit presque toute seule.


Il faut de toutes les manières faire ce qu'il est nécessaire pour imprimer une organisation de travail et de plaisir mêlé à tout cela. Il sera demandé aux plus adeptes de s'impliquer un peu plus à travers une manière décomplexée d'expression, d'aider à la construction de quelque chose de mieux abouti.


Le regard qu'on portera sur vous sera clarifié par votre habit et là encore chacun à ses goûts, personnellement je me cantonne à des couleurs profondes, celles des arbres et des saisons, je n'arbore pas de signe extérieur de richesse ceci sans austérité marquée où voulue. De la propreté, une couleur apaisante et de l'aise dans les mouvements. Une cape ancienne m'a semblé une bonne idée, un bâton en Orme sculpté de mes signes et codes personnels, un rappel de mémoire symbolique. Un pendentif fabriqué avec une jolie pierre brute, non taillée mais démontrant sa particularité. Des chausses solides et simples, pas de bling-bling. Tout cela vous fera accepter sans avoir à écraser les autres par une apparence grandiloquente. Nous sommes travailleurs de l'esprit, les symboles sont importants, pas l'extrémisme revendiquée dans une post-influence. Le partage, la reconnaissance, sans stature imposante au seins du groupe permet à la sérénité de s'exprimer en tout instant. De cette sérénité d'assise naît ce qu'on appelle l'énergie collective.


Nb: d'après ce que j'ai pu retirer des textes anciens, la cape rousse avec une capuche profonde appartint sans doute aux druides guerriers (chacun avait sa spécialité), tandis que la cape vert profond fût celle des érudits de la pensée civile.


Il ne doit pas y avoir de frictions et d'échauffement de caractère entre les adeptes sinon la clairière se referme, l'ouverture n'est plus. Le groupe risque le sectarisme et une future croissance moribonde d'avance. Il faut juste bien distribuer les rôles, permettre aux gens de s'exprimer librement sans jugements d'iniquités.


Entrer dans les traditions du druidisme vous oblige moralement à les soutenir en toute occasion, donc: de la propreté et de la solidité dans votre apparence, vos vêtements physiques doivent exprimer la justesse de votre engagement. La coiffure soignée est un signe d'appartenance, la présence de tresses masculines ou féminines est un fait établi historiquement. Vous n'êtes obligés à rien évidement. J'ai repéré une coiffure en crête type punk qui me fait un peu rire, sur nos monnaies antiques, peut que vous pourriez essayer.....non?



La pierre que vous porterez doit vous ressembler et provenir de l'un des endroits où nos ancêtres dressèrent les mégalithes. Je suis quasiment certain que la mienne fut portée par les nôtres il y a de cela 5000 ans (au moins), très spéciale à mes yeux car elle n'avait rien à faire naturellement dans l'endroit où je l'ai trouvée, et là il ne s'agit pas  de croyance où d'une projection de mon imaginaire. Je l'ai juste un peu polie pour la forme et je vais la garder brute, et donc unique, c'est le plus gros corindon de rubis que j'ai jamais vu, double, brut et sans vraiment de transparence, je l'ai trouvé dans un très vieil endroit dédié au culte des eaux célestes. Toujours collé à sa lamelle de quartz blanc, cette dernière stratification semble avoir été aplanie manuellement il y a plusieurs milliers d'années de cela. Inutile de le faire savoir au bureau des antiquités, c'est improuvable de toute façon. C'était peut être un genre d'objet fétiche, pourquoi pas, mais le prouver c'est autre chose. Je ne l'ai pas ramassé à l'intérieur du vieux dolmen écroulé, elle m'attendait juste devant.


 Sur le marché cela ne vaut pas grand chose, sur le plan de la spiritualité, de la mémoire, sa valeur est énorme. La votre sera certainement différente en couleur et en géométrie, inimitable, brute, façonnée par la nature, et surtout: reconnaissable entre toute. C'est autour de ce genre d'objets et d'histoires que se forment les groupes, la valeur physique n'a rien à voir là-dedans. C'est pareil pour la serpe et l'oursin fossile. Ce sont des repaires civilisationnels, incarnation des habitudes, des marques physiques mémorisées et identitaires. C'est important.




Lorsqu'on veut trop bien faire dans un monde trop imparfait, on n'arrive jamais à rien. Alors ne vous prenez pas trop au sérieux. Peu à peu et un pas après l'autre, vous y arriverez. Certaines personnes recherche le prestige immédiat et le confondent avec la prestidigitation, laissez tomber, faites votre travail le mieux que vous pourrez, prennez votre temps, c'est comme ça qu'on vous reconnaitra.


À développer.