Brãuo et Corobadios.

L'écraseur et les nains jaunes.


Au pays du vent était un peuple de petits hommes, ces nains que l'on nommait Corobadios fûrent les premiers de cette lignée ancienne dite des petits grains.

Leur petitesse avait fait que le vent puisse les transporter loin alors qu'à pied ils ne pouvaient voyager. Ils volaient les uns au dessus des autres sans pouvoir jamais fermement s'implanter.


Au pays des pierres immenses était née une race de géant. Ceux là en revanche pesaient bien trop lourd pour pouvoir se transporter sur d'autre terres que celle des montagnes invisibles. Tout gigantesques qu'ils soient, ceux ci avaient un gros défaut, dans l'impossibilité de voir où ils marchaient, leur déplacement pouvait faire grand bruit mais seulement du bruit...les sons de géants montagneux s'égaient dans les déserts, et finissent inmanquablement par s'y perdrent.

L'un d'eux, qui s'appelait Brãuos, l'écraseur décida de conquérir la terre des vents. 


"Ces petits êtres ne sont rien malgré leur multitude, ma force les mettra au pas. Ce sont eux qui seront mes esclaves et me transporteront" se dit il un jour.

Il quitta donc les montagnes invisibles et à grand bruit, s'approcha de la frontière des nains jaunes.


On le vît arriver de loin, d'ailleurs, Brãuos ne fît peur à personne. Tout juste attisa t'il un peu la curiosité des grains de sables.


Lui en revanche fût surpris de ne voir personne au début, il se demanda bien où étaient passés les fameux peuples dont on lui avait vanté la capacité de se transporter partout facétieusement.


Alors...lentement,  il se déplaçait maladroitement à cause de son embonpoint, celui-ci entrepris de traverser la frontière. 



 Ce fût à cet instant précis qu'il comprit son erreur.

À peine posa t'il le pied dans ce pays qu'une clameur intense le rappela à la réalité.


"Mais il est con çui-la" entendit le malotru sans pouvoir distinguer d'où venait la voix.


"Par tous les dieux, quel est donc cette magie ?" Se demanda le brailleur.


-où vous cachez vous bandes de nains!


-mais il est con çui là! Rétorqua la clameur.

"Il est con où il est aveugle" repris l'un d'eux.


-qui est tu infîme puceron, quel est ton nom?

Tu dois obéir à ton nouveau maître!


-connais pas, répondit le nain.

Moi, je suis Corobadios.


-Tu dois m'obéir! Où est ton chef? Il doit m'obéir! Où sont tous tes frères, ils doivent m'obéir! Vous devez me transporter dans les airs, je veux voler!


-mais il est con çui là !  Reprirent en coeur tous les nains.

"Mon chef, c'est Corobadios" entendit faiblement le géant.


-Ha, vous ètes donc au moins deux!

Appelle tous tes frères et donne moi leur nom à chacun!


-Et bien dites donc mes amis, en voilà un qui ne comprend rien à rien où bien alors, il le fait exprès. Ce doit être un gigantesque menteur où juste un petit rêveur!

Des rires innombrables voletèrent en se répercutant partout.


-Je suis la plus grande de toutes les créatures, vous subirez ma colère jusqu'au dernier si vous n'obéissez pas à ma grandiose personne!


Le géant s'avança fermement et posa enfin le premier poid dans le pays des vents.

Il s'aperçut soudain qu'il venait de perdre un pied. Il n'y avait sous lui plus rien qui puisse le soutenir.


Nul ne sait combien dura la chute, le temps n'étant pas le même selon les contrées.

Lorsque le monstrueux et velu arriva au niveau du sol où il s'enfonça, il vît les collines, puis les montagnes et les châteaux des nains.


"Ce n'est pas une chose croyable" s'écriait il dans un grand hurlement qui souleva des millions de microscopiques choses jaunes.

Puis le géant disparu dans la multitude jaunissante qui le recouvrit alors...


Une nouvelle colline était apparue au pays du vent. Une petite colline. Du géant braillard, il n'en resta plus aucuns souvenirs sur la terre des Corobadios.








Nb: "brãuo" est un mot gaulois qui est parvenu jusqu'à nos jours sous la forme de "braillo" en patois, "le brailleur" en français.