Agedios.

Lorsque l'humain grandi il ne trouva pas beaucoup d'autres êtres auxquels il arrivait à se comparer. Les enfants dépassaient leurs parents, et ceux ci n'arrivèrent point à comprendre ces changements. On pensait à un sortilège, les familles se racontaient qu'il était une créature dans les bois qui avait élu domicile dans le tronc d'un arbre centenaire. La chose venait d'avant, dans sa mémoire il gardait la trace de tous ceux qui l'avaient rencontré. Lorsque l'on s'approchait de l'endroit en question, une voix interpellait le visiteur en lui demandant ce qu'il allait lui apporter de nouveau. Les gens s'enfuyaient tous vélocement, quasiment tous. La plupart d'entre eux avaient peur de ce qu'ils ne connaissaient pas. Et la chose ne ressemblait absolument à rien de connu.

Et puis une fois, un Allobroge, un étrange peuple ces Allobroges, s'en vînt au milieu de la petite clairière qu'avait formé l'arbre grâce à son hombre. Et il se mît en devoir de faire une sieste dans cet endroit si plein de quiétude, il ne connaissait pas les contes que l'on aimait à se dispenser sur cet place. Sans peurs où inquiétudes, il s'allongea donc sur le tapis de feuilles sêches.

Son nom était "Cauaros".


Il s'assoupit peu à peu, le bruit des feuilles perçaient sa pensée quand tout à coup, une voix puissante envahit l'air. C'était comme une voix de vieillard mais bien plus profonde que n'auraient pu en produire des cordes vocales. On aurait dit que la vibration venait de partout à la fois.


"Que m'apporte tu?"


Cauaros sursauta et instinctivement répondit à toute vitesse:" rien du tout, c'est a moi!"


-"Que m'apporte tu?", Insista la voix.


-"ce que tu ne peux pas avoir!", Répondit tout de go l'étranger.

Puis, il se rendit compte qu'il venait de parler à un arbre. Une branche craqua doucement dans la cîme.


-"j'ai besoin d'autre chose, que m'apportera tu ?" Renchérit la masse des bois.


-"ce que j'ai, je le garde, qui est tu donc arbre qui dépasse tout? Je n'ai jamais entendu parler de tes charmes magiciens dans ma tribu." Rétorqua le petit homme.


-"Tu es donc un Allobroge! J'ai déjà rencontré tes frères et soeur par le passé. Et il n'ont rien voulu m'apporter non plus. D'où viennent donc ces tribus que personne ne semble connaître et qui ne semble connaître qu'eux même?".


-"Nous sommes les fils du courage, et à cela, rien ne se partage vieille arbre."

"Et toi donc , qu'à tu bien fait pour avoir toujours besoin de plus qu'il n'est possible de donner", pensa intérieurement Cauaros.


-"je t'ai entendu.", tonna l'arborescence.


-"qu'est ce donc que ce miracle?" Se demanda l'humain.

-"je suis Agedios, le plus osé des arbres, le plus riche et le plus coloré d'entre tous. Sache que depuis les temps  les plus obscurs, je me souviens de tout ce qui n'appartient pas a la logique de ce monde. Pour survivre mes racines ont besoin de différences."

L'indifférence me tue.

Sauras tu, toi l'étranger, me comprendre et me redonner?.



L'humain se rendit alors compte que la voix énorme émanait d'un trou en forme de trompette juste au beau milieu du tronc séculaire.

Un second léger craquement de branche arriva jusqu'aux oreilles de Cauaros.


Une brindille tomba légèrement sur l'humus des feuilles passées. Puis, incidemment, elle se leva sur des sortes de pattes, il y en avait 3 paires en tout, deux yeux en formes de bourgeons proéminents regardaient l'étranger.














Nb: "Agedos" en gaulois signifie "l'exagéré", le "surréaliste".